Le beau voyage

Encore une bien jolie surprise signée Zidrou. L’auteur, loin de se cantonner à un genre particulier, explore et enchante. Après Lydie, La peau de l’ours et Les folies bergères (on en parlait ), Le beau voyage donc. Au centre du récit, il y a un secret ; un secret et un dessin, celui d’une maison qui pleure. Mort, souvenir, chagrin, mais aussi humour et tendresse ; Zidrou réussit – une fois de plus – à trouver un juste équilibre. Un beau voyage sensible et chargé d’émotions, à découvrir le 11 janvier.

lebeauvoyage

Le beau voyage

De Zidrou et Benoît Springer

Chez Dargaud

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Coup de coeur BD dans #DCDC

Jeudi 27 décembre, vers 22h15, je vous ai proposé mon dernier coup de coeur de l’année dans #DCDC (sur Europe 1) ! Et il était pour…

2001nightstories

2001 night stories de Yukinobu Hoshino (Glénat Manga). Je vous ai également parlé du dernier album de Nadja : Le coeur sanglant de la réalité (Apocalypse). 

Par ici la réécoute :

Place aux nouvelles Princesses !

Pour faire suite à l’émission des Experts Europe 1 du mercredi 19 décembre, voici, comme promis, une petite sélection de livres jeunesse… avec des princesses pas tout à fait traditionnelles.

ue princesse au palais

Une princesse au palais est un livre touchant ; un album – magnifiquement – fait de bric et de brocLe Palais, c’est un restau-bar ; la princesse, c’est Elle. Elle qui attend, toute la journée du mercredi, que le temps passe, observant les gens aller et venir, réfléchissant, dessinant, se transformant – assez poétiquement – en jeune femme. Les dessins de Carole Chaix fourmillent de détails ; des détails qu’une seule lecture ne permet certainement pas de saisir. Certains dessins ne sont pas totalement finis, d’autres se superposent, on retrouve du texte ici, et puis là aussi, de la narration, une pensée, une parole…  Ça  part un peu dans tous les sens, donnant au lecteur une impression de sincérité et de spontanéité, comme si l’instant – dans toute sa diversité – se trouvait saisi sur le vif ; cela, alors même que l’album est en réalité très structuré.  Un livre à l’aspect un peu « artisanal » captivant. A lire et relire.

Une princesse au palais de Cécile Roumiguière et Carole Chaix chez Thierry Magnier – dès 6 ans

 

princessequi n'aimait pas

La princesse qui n’aimait pas les princes joue – bien – avec les codes des contes classiques. Drôle, très bien écrit – et illustré -, l’album conte l’histoire de cette princesse qui se voit demander sa main par les princes de la terre entière, mais… « Non, merci bien », aucun d’entre eux ne lui dit rien. Désespéré par la situation, son père le Roi décide, en dernier recours, de faire appel à une jolie fée. Et là…

La princesse qui n’aimait pas les princes  d’Alice Brière-Haquet et Lionel Larchevêque chez Actes Sud Junior – dès 6 ans

 

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Il y a les princesses des contes… et celles qui ont réellement existé. Ce sont ces dernières – et leurs équivalents masculins – qui s’adressent aux lecteurs dans le très ludique Princes et Princesses du Louvre. Le dispositif de ce livre est très ingénieux ; il éveille la curiosité et ouvre le lecteur à la fois à l’histoire et à l’art. Ce qui ressort de l’ouvrage, notamment, c’est qu’être fils ou fille de roi, en réalité, est une situation bien moins enviable que ce que les contes laissent à penser. Sous la plume de Frédéric Morvan, princes et princesses historiques se racontent. À travers un court texte – à la première personne -, ils font part de leur vie au lecteur ; lecteur qui peut ensuite lire un petit encadré plus didactique à propos de la vie du personnage mais surtout en découvrir sa représentation artistique. Ce sont ainsi dix-huit portraits princiers qui se trouvent dressés ; dix-huit jeunes personnes – au destin bien souvent tragique – dont le lecteur fait la connaissance. Ce sont également, par conséquent, dix-huit œuvres d’art – peintures, sculptures – que le lecteur prend plaisir à découvrir ; espérant avoir l’occasion de les voir ailleurs que sur du papier glacé. Par le biais de ce très joli livre, Frédéric Morvan (re)donne vie à la princesse Néfertiabet d’Egypte, à Nin-Alla, à la sœur de Toutânkhamon – qui regrette de n’être pas née garçon pour devenir pharaon -, à Marguerite de Mantoue, à Elisabeth de France et à Marie Marguerite… pour ne citer que les figures féminines. Une bien jolie introduction à l’univers muséal !

Princes et Princesses du Louvre de Frédéric Morvan et Louise Heugel, une co-édition Actes Sud Junior et Louvre Editions – dès 6 ans

 

princesseparfaite

« Il était une fois un roi. Il rencontra une reine très belle, ils se marièrent… » Un petit air de déjà vu ? Attendez la suite : « … et n’eurent qu’un seul enfant. » Le ton est donné dès la première page. Un conte oui. Traditionnel, pas tout à fait. L’histoire, c’est donc celle de cette enfant unique qui, bébé, reçoit d’une fée le don de la perfection, d’où son nom : la princesse Parfaite. La fée en question – dans le « décolleté vertigineux » de laquelle « louche le roi » -, c’est la Fée Margareth, qui devient alors la marraine de la princesse. Mais la perfection… est-ce réellement un cadeau ? En grandissant, la princesse réussit tout ce qu’elle entreprend mais tous ses désirs consistent à satisfaire les autres. Des désirs propres, elle n’en a pas. La solution pour remédier à cela : changer de marraine – et donc de don -, ce qu’il est possible de faire à 16 ans lui confie – et conseille – sa mère la reine avant de mourir.
On retrouve ici les bases du conte traditionnel : la méchante belle-mère, des fées… mais quelques adaptations – non négligeables – ont été apportées. Un exemple : celle qui devient la belle-mère de notre princesse, à la mort de la reine, est en réalité la marraine de la jeune fille, fée avec laquelle le roi avait déjà « fricoté » dans sa jeunesse. A l’humour s’ajoute une jolie – bien qu’un peu facile peut-être – réflexion sur l’importance d’avoir ses propres désirs, ainsi que – sur le plan formel – de très beaux dessins colorés avec goût.

La Princesse Parfaite de Frédéric Kessler et Valérie Dumas chez Thierry Magnier – dès 5 ans

 

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Prince Arthur et princesse Leila est un album sur la tolérance qui joue sur les « rôles traditionnels » dévolus aux hommes et aux femmes. Le prince Arthur a tout du prince charmant et il a de nombreuses prétendantes. Mais le prince Arthur a une mère peu commode : la Reine Irène, une reine qui « se met toujours en colère [et] a un cœur de pierre ». Bref, « personne ne l’aime ». C’est cette dernière qui décide des épreuves auxquelles doivent être soumises les jeunes filles voulant son fils pour mari, des épreuves assez tristement « basiques ». Celles-ci sont au nombre de trois : préparer au prince « un bon petit plat », lui « coudre un vêtement de roi » et lui « chanter un refrain d’une douce voix ». A l’autre bout du monde, la princesse Leïla doit se marier avec un homme choisi pour elle par père. « Qui viendra me sauver ? » se demande-t-elle en pleurant.C’est la magie qui va réunir les deux jeunes gens et alors que – par hasard – la princesse Leïla se trouve soumise aux trois épreuves imposées par la reine Irène, les rôles vont « s’inverser » et c’est le prince Arthur qui va se retrouver à cuisiner, tricoter et chanter. D’éléments classiques du conte, Prince Arthur et princesse Leïla réussit à faire une jolie fable et la rencontre entre orient et occident donne naissance à de particulièrement beaux dessins.

Prince Arthur et princesse Leïla de Béa Deru-Renard et Kristien Aertssen à l’Ecole des loisirs – Pastel – dès 5 ans